L’appel céleste et l’Assemblée

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 18]

L’appel céleste a été connu dès le commencement. La terre ayant été, dans chaque période, une scène de déception divine (pour parler à la manière des hommes), et les élus y étant donc étrangers et souffrants, les cieux leur ont été révélés comme leur lieu de repos et d’héritage. Abraham désirait une patrie céleste. Énoch y avait déjà été transporté. Moïse perdit le pays de la promesse, mais obtint le Pisga de Dieu. David confessa que lui et tous ses pères avaient été des étrangers avec Dieu sur la terre. Élie, parmi les prophètes dans les derniers jours de l’Ancien Testament, comme Énoch parmi les patriarches dans ses premiers jours, fut enlevé au ciel. Et ainsi, l’appel céleste fut constamment rappelé, et gardé en vue. Et tous les élus, dans ces temps de l’Ancien Testament, que ce soient les temps des patriarches, de Moïse ou des prophètes, ont, je n’en doute pas, une part dans les lieux célestes. Le Seigneur les appelle tous « fils de résurrection » — et par là, Il nous enseigne qu’ils seront appelés à leur héritage par la résurrection d’entre les morts, quand ils ne se marieront plus ni ne donneront en mariage comme s’ils étaient des enfants de la terre, comme Il l’enseigne plus loin.

Dans le raisonnement divin de l’épître aux Galates, il est fait allusion à eux, et ils sont considérés comme se tenant dans l’adoption et l’héritage, avec les élus maintenant assemblés.

De même, dans les Hébreux, ils sont considérés comme rendus parfaits et participants de l’appel céleste, avec nous actuellement.

Mais l’épître aux Éphésiens ne les considère jamais pour les associer avec les saints maintenant assemblés dans le corps de Christ.

Ces distinctions sont très significatives, et elles nous conduisent à la conclusion que les saints de l’Ancien Testament jouissent de l’appel céleste, ou des lieux célestes comme leur demeure et leur héritage, quoiqu’ils demeurent à part de l’Assemblée, le corps de Christ, et l’Épouse de Christ. Voilà ce que je peux dire à leur égard.

Mais ayant laissé ces temps de l’Ancien Testament, temps des patriarches et des prophètes, et étant entrés dans le Nouveau, nous atteignons au temps convenable le jour de la Pentecôte. Le Saint Esprit est alors sur la terre, suite à la glorification du Fils de l’homme dans le ciel ; et nous Le trouvons opérant une œuvre selon « les immenses richesses de la grâce », et qui doit être à « la louange de la gloire de Dieu » dans les siècles à venir. Il baptise les élus maintenant rassemblés, en un seul corps ; un corps dont Christ est la Tête ; un corps qui est aussi appelé « la plénitude de Celui qui remplit tout en tous ». Et l’ensemble, Tête et corps ensemble, est appelé d’un titre éminent et merveilleux, Christ (1 Cor. 12, 12). — Tout cela est très singulier.

Bien sûr, ces élus, formant ainsi le corps ou la plénitude de Christ, auront, avec les saints de l’Ancien Testament, leur place et leur héritage dans le ciel. Mais tandis qu’eux partageront ainsi l’appel céleste avec leurs frères de l’Ancien Testament, ces frères ne seront pas avec eux dans le corps de Christ. Quand le royaume dans sa forme glorieuse sera manifesté, quand « le monde à venir » sera atteint, les saints de l’Ancien Testament auront là « un nom », et seront, en quelque sorte, des principautés et des autorités dans les lieux célestes ; mais les élus rassemblés maintenant, et baptisés en un seul corps, seront alors « la plénitude » de Celui qui est assis au-dessus de ces principautés, ces autorités et ces noms, de Celui qui « remplit tout en tous ».

Je propose et je soumets mon avis sur ces vérités.

Et alors — comme je le dirai ensuite — quand tous ceux-ci auront été transportés pour rencontrer le Seigneur en l’air — quand les saints de l’Ancien et du Nouveau Testament ensemble, comme « des fils de la résurrection », auront pris leur place dans les cieux, comme ils leur avaient été réservés dès le commencement — alors l’action de l’Apocalypse, depuis Apocalypse 4, commence. Dans le cours de cette action, certains saints de Dieu mourront comme martyrs ; et ceux qui sont tels seront aussi pris au ciel, et occuperont là leur place comme certaines autorités et trônes, « une noble armée », ou « une pieuse compagnie », pourrions-nous dire ; mais ils ne feront pas partie du corps de Christ, avec les élus maintenant rassemblés.

Ces saints de Dieu qui survivront au grand processus judiciaire du livre de l’Apocalypse, formeront la semence ou les prémices du peuple terrestre. Leur appel n’est pas céleste. Ils n’ont pas de part dans les lieux célestes. Ils commencent à remplir et à meubler la terre milléniale ; et à partir d’eux comme prémices, sera rassemblée une moisson, jusqu’à ce que la face de toute la terre soit fertile — Jérusalem, le pays d’Israël, le peuple d’Israël, et les nations dans le monde entier, constituant une scène de puissance et de gouvernement, et un sanctuaire pour le service du Dieu du ciel et de la terre, qui manifestera alors les gloires de Son royaume.

Et ce royaume est le sujet traité dans les écritures de l’Ancien Testament, avec les jugements qui l’introduisent, et les gloires qui lui donnent son caractère. Mais l’appel d’un corps pour Celui qui est la Tête de ce royaume, n’est pas le sujet de ces écrits. Il est appelé, dans un sens élevé, « le mystère », et il est déclaré avoir été « caché en Dieu dès avant la fondation du monde », et révélé seulement maintenant aux prophètes du Nouveau Testament, Paul l’apôtre des Gentils étant fait le grand vase de celui-ci et son dépositaire, son témoin spécial et celui qui le publie.

Il y a cependant eu des aperçus de cela depuis le tout début ; la pensée divine laissant échapper de temps à autre des allusions au secret qu’elle véhiculait, comme nous-mêmes avons l’habitude de le faire avec une pensée qui nous est chère et dont nous ne pouvons pas ou n’osons pas parler de façon explicite, les temps ou les lieux ne s’y prêtant pas. N’en est-il pas ainsi ? N’en est-il pas ainsi avec nous, et ne nous réjouissons-nous pas de voir qu’il en est ainsi avec Dieu et Son secret ? En dépit de tels empêchements, en face de telles restrictions, quelque respectées qu’elles soient, et à juste titre, le secret franchira de temps en temps les limites, et traversera le champ de vision dans un type ou une histoire, laissant l’œil de bien des observateurs distinguer ce qu’il est ou ce qu’il signifie.

Je considérerai un moment de tels entr’aperçus de ce brillant secret, ayant déjà voyagé du début à la fin de l’Écriture, comme « avec tous les saints », remarquant la destinée des saints de l’Ancien Testament, celle des élus maintenant rassemblés sous le Saint Esprit, et celle des saints apocalyptiques, qu’ils meurent pendant le cours de celle-ci, ou qu’ils survivent à l’action de cette affreuse saison.

Je crois donc que « le mystère », l’Assemblée, l’Épouse de l’Agneau, commence à se dévoiler dans la première femme. Elle fut tirée, comme nous le savons, du côté d’Adam, quand il était plongé dans un profond sommeil ; et elle fut alors formée par l’Éternel Dieu pour Adam ; et enfin, placée à son côté pour être son aide, et dans un sens et dans une certaine mesure, sa compagne harmonieuse.

Tout cela nous parle de l’Épouse de Christ (Éph. 5). Le même mystère, dans d’autres de ses phases, doit être vu dans les histoires d’autres femmes dans le livre de la Genèse, comme en Rebecca, en Rachel et en Asnath. Et de même, dans le livre de l’Exode, en Séphora, l’épouse gentile de Moïse.

Il est très facile de trouver quelque chose de l’Assemblée dans chacune d’elles. Éphésiens 5 nous a certainement encouragés, et conduits dans ce chemin, et nous a donné un exemple de la manière d’après laquelle nous devons comprendre ces types[1].

Je ne peux pas douter que le glaneur en Lévitique 23 est aussi une personne semblable, mystérieuse ou typique. Elle est introduite dans l’intervalle de l’histoire d’Israël et de la terre, ou entre la fête de la Pentecôte et celle des trompettes. Pendant une parenthèse d’environ trois mois dans l’année ecclésiastique juive, nous perdons tout de vue, à part cette glaneuse. Elle n’est qu’une pauvre étrangère. Elle est entrée dans les champs des maîtres du sol, non pas pour le convoiter ou l’usurper, mais pour y entrer comme une étrangère, et en sortir comme une étrangère, rassasiée, en quelque sorte, de « nourriture et de vêtement », ce qui est le sort de l’étranger, et la satisfaction du chrétien ou de l’Assemblée (Deut. 10, 18 ; 1 Tim. 6, 8).

Je ne dis pas que Ruth ne peut pas être une figure semblable au glaneur de Lévitique 23, car elle entre sur la scène également dans un intervalle qui interrompt l’histoire d’Israël ; comme entre leur ruine morale complète à la fin des Juges, et leur renouveau au début de 1 Samuel[2]. Mais j’accorde que nous pouvons plutôt voir en Ruth le résidu des derniers jours venant dans les conditions gentiles de la grâce souveraine, selon Romains 11, 31.

Mais de tels types de l’Ancien Testament ne sont, en réalité, que bien pâles. Le mystère de l’Assemblée est révélé spécialement dans l’épître aux Éphésiens. Il en est parlé là sous deux titres, qui lui sont propres. C’est « le corps de Christ » et « l’épouse de Christ ».

On a dit de façon très frappante : « Ce ne sont pas dans les cieux en haut, ni sur la terre en bas, ni dans les anges eux-mêmes, brillants témoins de la puissance créatrice, que le caractère et les voies de Dieu seront manifestés dans les siècles à venir : c’est dans la créature maintenant rachetée en Christ, dans l’Assemblée et par l’Assemblée, que la sagesse diverse de Dieu sera donnée à connaître. Dans l’Assemblée, la plus brillante émanation de la pensée divine, le chef-d’œuvre de l’ouvrage de Dieu, seront manifestées toute perfection de lumière, de gloire et de beauté ; autrement, elle serait indigne de sa haute destinée comme l’Épouse. Les hauteurs et les profondeurs de la grâce, de l’amour et de la puissance de Dieu ne seront jamais connues, par les armées célestes, jusqu’à ce qu’elles contemplent l’Assemblée, choisie de la race ruinée et apostate d’Adam, non seulement amenée dans l’intimité la plus proche et la plus douce d’enfants de Dieu, mais exaltée à la plus haute dignité dans le ciel, ayant part à la gloire ineffable de sa Tête ressuscitée ».

Assurément, ces paroles sont bonnes à utiliser pour édifier. — Mais plus que cela. En dévoilant la grâce et la gloire dans cette épître aux Éphésiens (cette épître que je voudrais maintenant considérer un peu plus particulièrement), nous pouvons observer qu’il y a une accumulation de langage particulière, si je puis m’exprimer ainsi, comme si l’Écrivain (l’Esprit) était conscient du poids et de la dignité particuliers du thème qu’Il traitait. Nous trouvons « la gloire de la grâce », « les richesses de la grâce », les « immenses richesses de sa grâce », « la louange de Sa gloire », et « la louange de la gloire de Sa grâce ». C’est le style au moyen duquel les magnifiques secrets de cette épître sont placés devant nos regards. L’écrin est en rapport avec le trésor.

Et la vue sur le Seigneur monté en haut nous est présentée dans le même style. Un autre a remarqué que St Marc nous dit que notre Seigneur a été élevé en haut dans le ciel. L’épître aux Hébreux nous dit qu’Il a traversé les cieux. Mais cette épître nous dit qu’Il est monté au-dessus de tous les cieux (Marc 16, 19 ; Héb. 4, 14 ; Éph. 4, 10). Quel récit varié et merveilleux Le concernant ! Mais le récit des Éphésiens est le plus magnifique — car il présente le Fils de l’homme dans la place même qui est donnée à Dieu Lui-même en Deutéronome 10, 14.

Et cette accumulation d’expressions, dont j’ai parlé, est conservée dans le deuxième chapitre, où l’Esprit en vient à considérer les objets de cet appel céleste, et non pas, comme auparavant, le caractère de l’appel lui-même. Il prend connaissance de nous pécheurs, dans deux conditions, morts et étrangers ; morts quant à nous-mêmes, étrangers quant à Dieu — et alors, il nous voit comme transposés dans les conditions opposées de vie et de proximité. Mais Il accumule des expressions, en traitant ces choses, comme Il l’a fait précédemment. Les termes sont multipliés, les descriptions sont répétées minutieusement, de sorte que toutes ces conditions dans lesquelles nous sommes présentés, et chacune séparément, soient saisies avec une grande intensité par notre âme. L’état de mort dans lequel nous gisions par nature était affreusement complet ; l’état de vie dans lequel nous sommes désormais introduits, est complètement et éternellement parfait. Notre condition d’éloignement de Dieu, dans laquelle la grâce nous a trouvés, est décrite comme ayant été telle, que rien ne pouvait aller au-delà — notre condition présente de proximité de Lui est telle que le Fils Lui-même seul n’aurait pu en jouir, pour ainsi dire, avant nous.

Mais plus que cela. La caractéristique de la bénédiction de l’Assemblée est celle-ci — qu’ils sont en Christ. Les premiers saints, comme nous l’avons vu, seront célestes dans leur destinée ; mais l’appel de l’Assemblée est céleste, en et avec Christ.

Le mot « en » abonde là d’une manière remarquable — et c’est toujours en « Christ ». Dans le cours de ces merveilleuses révélations qui sont faites là, nous apprenons qu’ayant été vivifiés ensemble avec Lui, nous sommes maintenant assis dans les lieux célestes en Lui.

Étant ainsi élevés, nous sommes aussi instruits que là en haut, nous sommes bénis de toute bénédiction en Lui.

Et là encore — nous sommes agréés en Lui, le Bien-aimé — faits les objets d’un amour personnel, aussi bien que bénis de toute bénédiction spirituelle.

Et encore — en Lui, Dieu a abondé envers nous en toute sagesse et connaissance, nous faisant connaître Ses pensées et Son bon plaisir concernant les siècles à venir ; nous donnant la place d’amis.

C’est ce qu’il en est de nous maintenant. — Mais ce même passage regarde en avant et en arrière, et nous montre l’intérêt que nous avions « en Christ » avant que le monde fût, et ce que nous aurons « en Lui » quand le monde aura achevé sa course. Avant que le monde fût, nous apprenons que nous étions « élus » en Lui, et « prédestinés » à être adoptés comme enfants. Et quand le monde aura disparu, et que les dispensations auront achevé d’être manifestées, et auront terminé leur merveilleuse histoire, nous apprenons que nous serons « héritiers » en Lui et avec Lui de ce nouveau grand système, « le monde à venir », dans lequel toutes choses seront réunies ensemble sous Lui comme leur Tête.

C’est en réalité un grand thème — notre portion éternelle en Christ, notre position en Lui, avec les conseils qui se le sont proposé avant que le monde fût, la condition et les prérogatives élevées dans lesquelles nous sommes désormais placés, et la part qu’elle nous réserve dans les siècles à venir. Et tout cet état excellent est à nous, simplement parce que nous croyons maintenant ou nous confions en Lui.

Mais ce qui avait ainsi été « élu en Christ » avant la fondation du monde, avait été « caché en Dieu » jusqu’à ce qu’il soit révélé par l’Esprit aux prophètes du Nouveau Testament. Et la révélation de ces choses a complété la Parole de Dieu (Col. 1, 25). C’était la conclusion, la révélation qui la couronnait, faite tout particulièrement par St Paul, l’apôtre des Gentils. L’Assemblée est appelée à la plus haute position de dignité, et la révélation en est faite en dernier, à la toute dernière place dans les communications de Dieu. Oui, l’Assemblée a été révélée en dernier. L’apostolat des Gentils a été suscité. Quoique élue en Christ avant le monde, et cachée en Dieu pendant des siècles, elle est maintenant révélée, le couronnement de tous Ses desseins, comme elle est la dernière de toutes Ses communications.

Je demande : Est-ce étrange ? Devons-nous en être surpris, ou y sommes-nous préparés ? L’Écriture, Dieu Lui-même dans Sa Parole, nous ont-ils préparés pour une telle chose, une telle manière de faire ?

Je crois que c’est le cas. Nous avons d’autres choses semblables, des choses de ce genre, dans l’Écriture.

La femme fut la dernière créature révélée ou suscitée, dans l’œuvre de la création. Adam était chez lui, dans ses biens et dans ses domaines, avant qu’il n’obtînt la femme. Toutes les provisions du jardin étaient à lui. Il avait été couronné seigneur de tout ce qu’il voyait. Il avait nommé tout le bétail, les bêtes des champs, et les oiseaux de l’air. Il était dans ses domaines, aussi bien que chez lui, et dans ses biens. Mais la femme n’existait pas encore. Elle fut suscitée la dernière — mais la couronne de sa joie et la perfection de sa condition (Gen. 2).

Il en fut de Jérusalem en Canaan, comme de la femme en Éden.

Le pays lui-même avait été soumis et divisé. L’épée de Josué et le sort jeté par Éléazar avaient opéré cela, des siècles auparavant. Mais Jérusalem était encore une forteresse des Jébusiens. Elle était encore en possession des Gentils. Les Juges avaient gouverné en leurs jours, et Saül avait régné. Mais Jérusalem n’était rien, tout ce temps, sans valeur, non révélée. À la fin, David la remit entre les mains d’Israël ; et il l’embellit et la garnit. Elle devint le trône et le sanctuaire, le grand centre d’attrait, l’objet de remarques dans toute l’Écriture, dont la beauté et la dignité sont un thème sans fin. L’Esprit dans l’Écriture la célèbre encore et encore ; Israël, aux jours de sa nation, y trouvait ses délices, y gardant les jours de fête et les jours saints ; et nos pensées scripturaires sont encore pleines d’elle. Elle est le joyau, la perle, la reine, l’objet, dans le pays et dans l’histoire d’Israël. — Encore une fois, la dernière est la plus importante. La Jérusalem de Canaan est comme la femme d’Éden.

Et il en est encore de même avec la cité d’or de Apocalypse 21.

Les jugements qui devaient purifier l’héritage et ôter du royaume tous ceux qui l’avaient attaqué, avaient été exécutés. La victoire de Celui qui montait le cheval blanc et de Ses armées avait été obtenue. Le règne de mille ans avait été établi (Apoc. 19 et 20). Mais jusque-là, l’Épouse était restée non révélée. Mais désormais, finalement, à la toute fin du Livre, comme nous prenons congé de ces oracles de Dieu indiciblement précieux, nous voyons la femme, de nouveau la femme de Genèse 2, de nouveau la Jérusalem du pays d’Israël — seulement, c’est la femme céleste, et non la femme d’Éden, la Jérusalem céleste, et non la terrestre. Elle est maintenant la femme de l’Agneau révélée, l’objet principal de l’ouvrage de Dieu, la dernière dans la révélation divine.

N’y a-t-il pas encore, je le demande à nouveau, une ressemblance dans toutes ces choses ? Ne devons-nous pas être préparés à trouver cette chose excellente qui avait été élue en Christ avant la fondation du monde, demeurer cachée en Dieu pendant les siècles, et présentée seulement quand la révélation de tous les secrets est sur le point de se terminer, et que la Parole de Dieu va être complète ?

Assurément, il y a eu une riche et merveilleuse révélation des secrets du sein du Père ! Les secrets de la maison ont été donnés à connaître, ainsi que les gloires du royaume. Nous avons à nous tenir là et à considérer à nouveau les voies de Dieu.

Quand Israël fut passé au-delà de la crainte et de l’épée de l’ange destructeur, et que, sous la conduite de la nuée, il eut atteint le voisinage de la mer Rouge, il leur fut commandé de se tenir tranquille et de voir le salut de Dieu (Ex. 14). C’est ce qu’ils firent — et ce salut se manifesta dans des formes de grâce et de puissance vastes et merveilleuses, qui avaient été cachées jusqu’ici. Ils avaient déjà connu la rédemption par le sang. Les premiers-nés avaient déjà été délivrés, et le jugement de Dieu était désormais laissé en arrière. Il avait eu son cours, et eux étaient saufs. Mais la gloire dans la nuée, la verge de Moïse, l’ange qui veillait sur le camp, tout cela devait maintenant dévoiler quelques vertus rares et merveilleuses, qui jusqu’à ce moment-là, n’avaient jamais été rapportées. L’ange changea de place et vint entre le camp d’Israël et l’armée égyptienne, pour garder l’un séparé de l’autre toute la nuit. La verge de Moïse commanda aux eaux de la mer de se dresser comme un monceau. La gloire regarda depuis la nuée et mit en désordre l’armée des Égyptiens. Puissances étranges et mystérieuses, nouvelles et surpassant les révélations de la grâce ! Israël est en sûreté, calme et triomphant, et n’a qu’à aller en avant, et à chanter le cantique de la victoire et de la délivrance, du service actuel dans le sanctuaire, et des gloires à venir dans le royaume.

Ainsi ici, dans l’épître aux Éphésiens, le pécheur a déjà été sauvé par le sang de Jésus. Les péchés sont pardonnés — et les saints, ainsi placés au-delà du jugement, sont exhortés à écouter, jusqu’à ce que l’appel en haut de l’Assemblée dans le Christ Jésus, selon les immenses richesses de la grâce de Dieu, semblable au salut de Dieu à la mer Rouge, se dévoile à leurs oreilles. Ils n’avaient qu’à écouter. S’ils parlaient de responsabilité, c’était celle-ci : d’écouter, d’accepter, d’être heureux et reconnaissant, parce que tout cela était tel, et que le Dieu de toute grâce est pour eux ce qu’Il est. Et l’apôtre, qui leur enseigne ces riches et merveilleux secrets, prie seulement pour eux afin que, en écoutant, ils aient des cœurs pour comprendre.

Ses prières pour eux, que ce soit dans le premier ou le troisième chapitre, nous donnent d’autres exemples de cette accumulation de langage dont j’ai déjà parlé, et qui est si expressive de la conscience d’avoir affaire avec des thèmes et des pensées d’une importance et d’une dignité toutes particulières.

En passant au chapitre 4, nous arrivons à quelque chose de merveilleux dans son genre, comme ce que nous avons déjà vu.

La captivité de l’homme sous la main du serpent ancien, en Genèse 3, était totale. Le mensonge de Satan avait été accepté, l’homme était devenu un pécheur, séparé de Dieu et perdu ; Éden était perdu, le sol placé sous une malédiction, l’homme et la femme sous des punitions, et Satan, comme menteur et vagabond, errait sur la surface de la terre.

Éphésiens 4 jette un coup d’œil à cette première histoire de la captivité de l’homme — comme par contraste. Le ravisseur lui-même, avec toute son armée, est désormais fait captif (une foule captive), et mené en triomphe par le Libérateur de l’homme, ou produit en public, comme le dit un autre passage semblable (Col. 2). Mais ce Libérateur s’est montré être non seulement puissant de cette manière, mais glorieux. Il remplit toutes choses. Il est à la fois descendu et monté — Il a été dans les parties inférieures de la terre, le sépulcre, la forteresse même du ravisseur ; et il est maintenant bien au-dessus de tous les cieux. Et un tel, ce Libérateur, puissant et glorieux, a pris sur Lui d’écrire l’histoire ou d’assurer la fortune des anciens captifs de Satan. Et c’est une chose merveilleuse, comme nous le lisons plus loin dans ce chapitre. Ayant opéré la délivrance dans les parties inférieures de la terre, Il a maintenant reçu des dons dans les lieux les plus élevés, bien au-dessus de tous les cieux, pour les anciennes victimes du serpent ; et Il les a dispensés ; et par eux, Il leur a accordé les plus riches portions et les plus hautes dignités. Ces dons ont rendu parfait l’ancien captif du grand ennemi ; l’ont rendu, dans un sens divin et spirituel, indépendant ; lui ont donné la sécurité contre les ruses du trompeur ; et ont placé ses ressources en eux, par l’Esprit Saint qui lui est donné (voir v. 8-16).

Cela peut nous surprendre au premier abord, de trouver une telle chose — les ruines de l’homme en Genèse 3 ainsi confrontées avec la restauration de l’homme en Éphésiens 4 — le gain et le triomphe du serpent ancien là, auxquels répondent ici sa honte et son renversement, qui les annulent. Mais tel est bien le cas. Et la surprise peut cesser, quand nous nous souvenons que l’épître aux Éphésiens, comme nous l’avons vu, est la plus merveilleuse présentation des résultats de la rédemption que l’Écriture nous donne. Nous pouvons donc nous attendre à être confrontés à Genèse 3, dans une telle épître. C’est l’écriture spéciale sur l’Assemblée qui est le « corps de Christ » et « l’épouse de Christ » — le premier de ces titres nous disant qu’elle est placée dans la position d’honneur la plus élevée ; le second nous disant qu’elle est aussi mise dans la place la plus chère et la plus intime d’affection et de relation personnelles. De plus, elle est faite le grand témoin, le seul approprié, pour la création de Dieu, les principautés et autorités dans les lieux célestes, de la grâce, de la gloire et de la sagesse ; des immenses richesses de la grâce, de la louange de la gloire, et des ressources diverses et des secrets de la sagesse. Voilà ce qu’elle est — et la révélation qui en est faite, nous pouvons le rappeler une nouvelle fois, a accompli ou complété dans toute sa mesure, la Parole de Dieu.

Un autre a observé que l’appel de Dieu autrefois était soit pour des individus, afin qu’ils marchent avec Dieu ; soit pour une nation (comme celle d’Israël), afin qu’ils observent les statuts et accomplissent les lois de Dieu leur Roi. Mais maintenant, l’appel de Dieu est dans un corps. Mais bien qu’il en soit ainsi, l’individualité du saint est cependant considérée ; et l’épître aux Éphésiens garde cela en vue, s’adressant à nous de façon emphatique dans notre position personnelle et individuelle, en Éphésiens 5.

C’est une vérité qui convient en sa saison, à la fin de cette merveilleuse épître. Et assurément, nous devons connaître notre position personnelle, notre perfection individuelle, avant que nous nous occupions de l’appel de l’Assemblée ou du corps. Par conséquent, dans un autre endroit, l’apôtre fait savoir aux saints qu’il parlerait une telle sagesse, la sagesse de ces mystères divins, seulement parmi ceux qui étaient parfaits (1 Cor. 2, 6). Et ainsi ici, dans les Éphésiens, nous sommes individuellement élus, prédestinés, pardonnés, acceptés, instruits, scellés (selon Éph. 1) ; et puis nous sommes l’objet de prières pour que nous ayons cet esprit de sagesse et de révélation qui nous rend capables d’apprendre notre appel comme Assemblée, la force qui nous conduit, et la gloire que nous allons atteindre : « L’Assemblée comme corps est composée de croyants individuels ; et tandis que, vue dans son caractère de corps, elle a avec Christ des relations que n’a pas le croyant individuellement — car aucun croyant n’est le corps de Christ ou l’Épouse de Christ — cependant, c’est dans les affections et la conscience du croyant individuel, que les relations de l’Assemblée avec Christ doivent être reconnues et avoir leur effet ».

Il en est assurément ainsi. Les saints individuels sont d’abord rendus parfaits, par l’Esprit donné, puis le corps est édifié — comme nous le voyons en Éphésiens 4, 12. Les préceptes que nous trouvons de Éphésiens 4, 17 à 6, 9, s’adressent à nous individuellement ; mais l’état de l’Assemblée est supposé ou contemplé ici et là tout du long.

Et ici, laissez-moi dire, quant aux préceptes, que l’appel lui-même, la grâce dans laquelle nous sommes, peut nous diriger sans préceptes. Cette pensée est sanctionnée par des passages tels que Tite 2, 11 et 12 et 2 Pierre 3, 11 et 14. Les saints dans la Genèse agissaient sans loi ni précepte. Leur appel leur suggérait leurs devoirs. « Comment ferais-je ce grand mal », disait l’un d’eux, « et pécherais-je contre Dieu ? ». La grâce dans laquelle se tiennent les saints du Nouveau Testament peut agir de même. Toutefois, ils sont appelés à écouter les préceptes — comme ici dans cette portion de l’épître aux Éphésiens. Mais les préceptes honorent la doctrine d’une façon frappante. Ils se réfèrent en général aux doctrines, ou les supposent tacitement ; et ainsi, pourrais-je dire, ils se présentent comme autant d’expressions de la vertu morale qui se trouve cachée dans la doctrine.

Et plus que cela. Ils nous font savoir que la sainteté doit avoir un caractère dispensationnel. Ce n’est pas simplement la vertu morale, comme le suggérerait la conscience ; ce n’est pas une justice légale, comme la loi pourrait la demander ; ce n’est pas non plus ce que Jean-Baptiste aurait prescrit. C’est ce qui est chrétien. La sainteté, ou le caractère approprié d’un saint, est de provenir de l’appel chrétien. Elle trouve ses sources et ses sanctions dans la vérité chrétienne. Elle se mesure par cette Parole qui s’adresse maintenant à nous, et qui délimite notre position et notre particularité dispensationnelles. C’est la sanctification de la vérité, le lavage d’eau par la Parole, qui sont recherchés. C’est cela qui donne son caractère bien marqué à la morale que Dieu approuve, et que l’Esprit opère. Et c’est ce qui est très généralement négligé ou ignoré, mais qui, pour être dans la lumière comme Dieu est dans la lumière, doit être écouté.

Mais il y a encore une autre chose dans cette épître. Il y a le conflit ou la lutte. Nous voyons la marche d’un saint en Éphésiens 5, son combat en Éphésiens 6. Sa marche lui fait traverser les sentiers contrastés de la vie, les circonstances et les relations qui font l’histoire de l’homme. Son combat est avec « les artifices du diable », ou avec « les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes ».

Ces esprits méchants viennent des lieux célestes — et ils viennent avec des mensonges et des tromperies d’une variété infinie. 2 Chroniques 18 en est un témoin direct. Là, un esprit est vu comme envoyé du ciel avec un mensonge dans sa bouche ; ou avec un mensonge qu’il place dans la bouche d’un des faux prophètes d’Achab. Et ce mensonge conduit Achab à la bataille fatale de Ramoth de Galaad.

Le serpent, au commencement, est entré dans le jardin comme un menteur, et avec un de ses « artifices », il a ruiné l’homme (Gen. 3). Satan, au moyen d’un autre, a poussé David à dénombrer le peuple, et l’a conduit à un jour de rétribution terrible (1 Chron. 21). Ce même caractère de séducteur est reconnu en Apocalypse 12, 9 ; 20, 8. Et il est parlé en 2 Thessaloniciens 2, 9 et 10 de signes et de miracles de mensonge, et de toute séduction d’injustice, comme étant l’œuvre de Satan.

Ainsi, nous avons des esprits méchants dans les lieux célestes qui exercent leurs « artifices » ici-bas au milieu de nous.

Ces artifices, ces mensonges des « chefs des ténèbres de ce monde », peuvent être innombrables ; comme des suggestions infidèles, des perversions de la vérité, des superstitions humaines dévotes, la confusion de choses qui diffèrent dispensationnellement, de faux calculs touchant le progrès du monde, et choses semblables. Quelle pensée solennelle ! Mais combien il est bon qu’il nous soit parlé de ces artifices, pour être ainsi prêts pour eux. Divers exemples de ces artifices sont encore notés en 2 Corinthiens 2, 11 ; 11, 3 ; 2 Timothée 2, 26.

C’est avec ces artifices que nous avons à combattre. Sous d’autres traits (comme quand il est un menteur ou un persécuteur), il se peut que nous succombions devant l’ennemi. Car notre lutte n’est pas contre la chair et le sang, comme l’était celle d’un Josué ou d’un David. Dieu les avait envoyés pour de tels conflits, les ayant revêtus d’une armure appropriée pour faire face à la chair et au sang. Mais il n’en est nullement ainsi à présent. Pas une des pièces de notre armure ne conviendrait pour la bataille d’Aï, ou pour le jour de la vallée d’Éla. Nos ennemis ne sont pas les Amoréens ou les Philistins. C’est une armure conçue pour faire face à celui qui corrompt la vérité, à celui qui ne cesse de pervertir les voies droites du Seigneur (Act. 13, 10). C’est la ceinture de la vérité, la cuirasse de la justice, les chaussures de l’évangile de paix, le bouclier de la foi, le casque du salut, et l’épée de l’Esprit[3].

Toute la période par laquelle nous passons, est considérée comme « une guerre », avec des combats occasionnels ou des « jours mauvais » — et c’est pourquoi l’apôtre nous dit : « Afin que, au mauvais jour, vous puissiez résister, et après avoir tout surmonté, tenir ferme ».

Ces « artifices » peuvent aussi devenir des « dards enflammés ». C’est-à-dire que ces mensonges et tromperies qui en tout temps ont circulé, peuvent maintenant et comme à nouveau, sous une forme ou sous une autre, être dirigés directement et personnellement contre nous.

Et il est frappant d’observer que seule cette épître nous enseigne au sujet de ces principautés et autorités mauvaises. Elle nous dit qu’elles sont les captifs de Christ, les ennemis des saints, avec lesquelles il a à combattre, et les dominateurs des ténèbres de ce monde (Éph. 4, 8 ; 6, 11-12)[4].

Mais ici, j’ajouterai (quoique toute notre épître ne le suggère pas) que le dominateur actuel des ténèbres de ce monde est destiné à suivre bientôt un chemin solennel. Il doit être jeté hors du ciel, où il se trouve maintenant, et n’agira que sur la terre. Il sera alors, en sa saison, ôté de la terre et mis dans l’abîme. Puis il est sorti de l’abîme pour être livré à l’étang de feu, ou son éternelle damnation (voir Luc 10, 18 ; Apoc. 12 ; 20).

Et cela, j’ajouterai de plus, est le contraire même ou le chemin opposé à celui du Seigneur. Le Seigneur sortit du sépulcre comme un vainqueur. Il a été « la mort de la mort et la destruction de l’enfer ». Il est revenu sur la terre, s’y attardant pendant quarante jours, donnant des gages et des promesses concernant Son royaume à venir là. Puis Il est monté dans les plus hauts cieux, recevant toute puissance, et envoyant de là le Saint Esprit pour habiter dans Ses saints, et les préparer pour Lui-même dans le jour de la gloire magnifique, quand Il sera manifesté comme remplissant toutes choses — selon cette même épître.

Nous nous arrêtons ici, hormis la conclusion elle-même, qui a toutefois un caractère propre que je dois remarquer.

L’apôtre parle de lui-même comme d’un « ambassadeur lié de chaînes ». Quel autre témoin était-il alors, à ce moment-là, du caractère du monde qu’il venait tout juste de reconnaître comme étant sous la domination des puissances des ténèbres ! L’ambassadeur de Dieu était mis en prison par le monde dans lequel Lui l’avait envoyé ! Une nation traite-t-elle de cette manière le représentant d’une autre ? La personne d’un ambassadeur n’est-elle pas sacrée ?

Mais le prisonnier de l’homme est l’affranchi de Dieu ; et dans le soin d’un amour attentionné, de sa demeure en prison, il envoie des messages de sympathie, de consolation et d’encouragement à ses bien-aimés frères, à des centaines de kilomètres de lui au-delà des mers.