Ministère et service

(Traduit de l’anglais)
C.H. Mackintosh

[Courts articles 102]

Nous sommes entièrement d’accord avec votre vision du ministère. Nous croyons que chaque membre du corps a un ministère, et c’est par le fait que chacun connaît sa place et ses fonctions dans le corps, et y agit effectivement en rapport, que la croissance de l’ensemble s’effectue. D’un autre côté, il est des plus désastreux pour quiconque de se méprendre sur sa ligne de conduite, car non seulement il manque à son propre travail, mais il gêne aussi les autres dans le leur. Que le Seigneur nous accorde la grâce de connaître notre niche et de la remplir ! Et que nous apprenions à être contents d’une niche très petite et très humble. Quelqu’un a dit : « Je n’ai jamais été vraiment heureux jusqu’à ce que j’ai cessé de souhaiter être grand ». C’est une bonne parole, et que nous devrions bien peser. Il est d’une immense importance pour chacun de connaître son propre travail. Toute la vie d’un homme peut être pleine d’erreurs du simple fait qu’il n’est jamais vraiment entré dans la ligne d’action qui lui était divinement attribuée. C’est très déplorable. Non seulement cela implique une perte de temps et de travail de sa part, mais cela interfère aussi, par la force des choses, avec le travail des autres.

Que le Seigneur nous guide et nous garde ! Et que notre soupir ardent soit toujours : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? ».

Que Dieu garde Ses serviteurs humbles et dépendants ! Nous sommes toujours plus convaincus que le chemin tranquille, obscur et retiré, est le meilleur et le plus sûr, pour l’ouvrier chrétien. Il y a toujours un immense danger quand un homme ou son œuvre deviennent célèbres. Quand la renommée d’Israël se fut largement répandue parmi les Cananéens, le Seigneur commanda à Josué de « faire des couteaux de pierre et de circoncire le peuple » (Jos. 5, 2). La nature doit être mise dans la place de la mort, et gardée là.

Un évangéliste est quelqu’un qui possède un véritable don de Christ, la Tête de l’Assemblée. Si quelqu’un n’a pas ce don, il n’est pas un évangéliste, quoiqu’il soit capable de parler avec une grande aisance. Nous croyons qu’il y a un trait qui caractérise invariablement un véritable évangéliste — un amour intense pour les âmes et une soif pour leur salut, de sorte que Christ soit magnifié. La gloire de Christ doit toujours être l’objet qui dirige tout ouvrier, quel que soit son don. Nous pensons que l’évangéliste devrait rechercher des résultats et compter dessus avec confiance, tout comme le laboureur recherche le fruit de son labeur. Il peut avoir à exercer une « longue patience », mais il doit pleinement compter sur Dieu pour les résultats. Un évangéliste est, nécessairement, plus ou moins un voyageur. Le monde est sa sphère, mais le Seigneur guidera toujours ceux qui s’attendent simplement à Lui, n’ayant aucune volonté propre, ni but ou objet personnel.

Quant à renoncer à notre vocation, pourvu qu’elle soit selon Dieu, c’est de fait une chose très sérieuse, qui demande une grave considération et une direction très claire de la part de Dieu. S’Il nous appelle à cela, Il nous entretiendra très certainement, car Il ne veut être le débiteur de personne. Il ne fait jamais défaut à un cœur confiant. Mais nous devons être de fait très au clair quant à l’appel divin, sinon nous tomberons. Nous en avons connu plusieurs qui ont abandonné leur occupation pour se consacrer à l’œuvre du Seigneur, mais la suite a prouvé, d’une manière très humiliante, qu’ils n’avaient pas été appelés par Dieu à entrer dans cette ligne de conduite. Mais personne ne peut faire une règle pour un autre. Chacun doit marcher devant son Seigneur en cela comme dans tout le reste. Il est un Maître plein de grâce, et même si nous faisons des erreurs, nous pouvons nous rejeter en toute confiance sur Sa bonté infaillible. Et là où le cœur est vrai envers Lui, tout est assuré de venir à bonne fin.

Qu’Il vous guide et vous bénisse, cher ami, et vous utilise abondamment, selon le vif désir de votre cœur !

Nous ne voyons pas en quoi 2 Corinthiens 11, 8 a à voir avec le sujet du « ministère d’un unique homme », ou comment quiconque pourrait songer à le citer pour défendre une telle chose. Paul recevait de l’aide de l’assemblée à Philippes. Il n’en recevait pas de l’assemblée à Corinthe, parce qu’elle n’était pas dans un bon état. C’était à leur honte, et une perte pour eux. Mais qu’est-ce que tout cela a affaire avec un ministère ordonné par l’homme, recevant un salaire de la part d’une congrégation ? On ne trouve rien de pareil dans la Parole de Dieu.

Il est difficile pour quelqu’un de juger un autre, dans la question à laquelle vous faites référence. Chacun doit agir devant le Seigneur et être dirigé par Lui quant à la meilleure méthode de travail. En règle générale, il vaut mieux étudier l’Écriture indépendamment de toute idée d’avoir à prêcher. Il n’est pas bon de toujours lire pour les autres ; on est alors en danger de tomber dans le simple travail de faire des sermons, ce qui est très desséchant pour l’âme. Il est bon d’aller à la Parole selon le principe posé en Jean 7, 37 : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive ». Nous parlons seulement du principe, non de l’application stricte du passage. Nous devons aller nous-mêmes à la source de l’Écriture sainte, non pour puiser pour les autres, mais pour boire pour nous-mêmes. Alors nous serons toujours pleins, toujours prêts pour être utilisés par le Maître.

Loin de nous d’encourager quiconque à une manière hasardeuse et désordonnée de parler sur l’Écriture. Nous croyons qu’une telle habitude est ruineuse pour l’âme de celui qui parle, et pis qu’ennuyeuse pour les âmes des auditeurs. Le conseil de l’apôtre à son fils Timothée est important pour nous tous : « Occupe-toi de ces choses ; sois-y tout entier, afin que tes progrès soient évidents à tous. Sois attentif à toi-même et à l’enseignement ; persévère dans ces choses, car en faisant ainsi tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent » (1 Tim. 4, 15-16). Le « progrès » est certain d’être « évident » si l’habitude de la méditation est cultivée avec diligence ; mais si l’on va à une réunion avec un sermon déjà préparé, il se peut que ce ne soit pas du tout ce que le Seigneur aurait voulu dire. Sans doute, le Seigneur peut guider Ses serviteurs, et Il le fait, dans l’étude et la préparation au préalable. Il peut fixer leurs pensées sur le bon sujet et enseigner la bonne méthode pour le traiter. Il est si bon que nous pouvons compter sur Lui en toutes choses avec une pleine confiance. Mais nous avons à nous tenir en garde contre l’habitude de nous préparer pour une occasion d’une part, et contre la paresse et l’indifférence de l’autre. Que le Seigneur vous bénisse et vous aide dans votre travail !

L’application particulière d’Ézéchiel 34 concerne les bergers d’Israël, quoique certainement elle comporte une leçon solennelle et nécessaire pour tous ceux qui entreprennent l’œuvre d’un pasteur au milieu du peuple de Dieu.

En 1 Corinthiens 13, l’apôtre présente la grande source motrice pour tout ministère vrai et efficace — l’amour. En 1 Corinthiens 12, vous avez la base du ministère ; en 1 Corinthiens 13, le moteur ; et en 1 Corinthiens 14, l’objet. En premier lieu, l’appartenance au corps ; ensuite, l’amour ; en troisième lieu, l’édification. Nous ne pouvons pas entrer dans un exposé détaillé de ces choses.